Le porche de son église Saint-Sulpice, a obtenu le label « Patrimoine rural » par le Département en 2021 afin de valoriser cet élément architectural remarquable.
L’édifice qui porte le nom du saint patron du village a connu des aménagements successifs du XIIème au XIXème siècle. La tour centrale, d’époque romane, est la partie la plus ancienne du monument. La flèche date quant à elle du XIXème siècle, la précédente ayant été détruite par un incendie. La majorité des aménagements a été effectuée au XVIème siècle, dont le porche en bois sculpté, classé Monument Historique, est sans conteste l’élément le plus remarquable.
Abritant l’entrée de l’église, le porche aurait été commandité par un seigneur de la famille de Moy. Il présente une voûte en carène de bateau renversée, caractéristique de l’architecture religieuse en Normandie et inspirée des techniques de constructions navales. D’influence italienne, son iconographie est représentative de la première Renaissance française en Normandie. L’ensemble est finement sculpté et richement décoré d’éléments profanes et religieux avec profusion de végétaux, représentations animales imaginaires ou guerrières qui vantent les victoires et les progrès militaires accomplis à cette époque.
L’ARBRE DE LA MUTUALITE
A l’approche du pont qui enjambe le Crevon, trône un vénérable tilleul protégé par un ouvrage de ferronnerie qui sera prochainement refait à neuf.
Agé de bientôt 120 ans, cet arbre est là pour nous rappeler une personnalité centrale de Ry, un philanthrope animé par les idées les plus progressistes de son temps :
Adolphe JOUANNE, pharmacien à Ry de 1848 à 1889, créateur de « L’UNITE FRATERNELLE DE RY » , sorte de Caisse de sécurité sociale avant l’heure.
Cet arbre et l’oeuvre d’Adolphe Jouanne viennent de recevoir le label départemental 2025 du « PATRIMOINE RURAL ».
Comptant jusqu’à 200 adhérents (sur environ 450 habitants), l’Unité fraternelle avait pour objet :
- « de leur procurer, en cas de maladie, les soins du médecin, les médicaments et une indemnité pécuniaire,
- de pourvoir à leurs frais funéraires,
- de les secourir dans leur vieillesse et leurs infirmités.» (extrait des statuts de l'Unité Fraternelle).
D'abord ouverte aux hommes, l'association admet les femmes en 1858 aux mêmes conditions de santé, de domicile, d'âge, de présentation, de moralité, puis les enfants en 1859.
Ce bâtiment quadrangulaire construit en 1855 abrite la mairie et les halles du marché. Couronné d’un fronton central, l’étage est surmonté d’un dôme couvert d’ardoises abritant une horloge, à la mode des grands hôtels de ville. Sous les halles ouvertes, le marché de Ry était le plus important du canton de Darnétal jusqu’au siècle.
Elles accueillent encore aujourd’hui le marché le samedi matin. Sous la verrière, une structure métallique permettait aux pompiers de faire sécher leurs tuyaux en lin.
Son architecture typiquement normande est soumise à un PLUi, sous couvert de l’Architecte des Bâtiments de France
Ce bâtiment du XIXème siècle est appelé " phalanstère " en référence au concept du théoricien Charles Fourier, célèbre figure du socialisme économique. Un phalanstère désigne un ensemble de bâtiments communautaires destinés à créer une nouvelle organisation sociale. Le Docteur Jouanne, pharmacien de Ry et disciple de Fourier, est à l’origine de la création de cette " Maison rurale d’enfants et d’économie sociétaire ".
Elle servait à éduquer les enfants du peuple et à leur inspirer le goût du travail en leur confiant des travaux récréatifs et instructifs. La construction en brique intègre tous les principes de Fourier : bâtiment en V, ailes orientées Sud et Est, pièces spacieuses, eau et chauffage collectifs. En 1884, le phalanstère ferme ses portes après 20 ans d’existence. Il est devenu ensuite une gendarmerie avant d’être transformé en logements communaux.